INCARNER LA BÊTE

INCARNER LA BÊTE

21 OCTOBRE 2022 de 18h à 24h — Chapelle des Récollets PARIS
exhibition and performance
by Simone Mannino

with viola RUTH KEMNA
performers PAOLO MANNINA, CHIARA MUSCATO, AYMEN MAUBROUK, VALERIA SARA LO BUE, JACOPO MICHAEL VINCI, ALESSANDRO PANTORNO
sound designer GAETANO DRAGOTTA
artistic collaborators GIULIANA DI GREGORIO, PABLO CRICHTON, MATILDE MANNINO
costume production SARTORIA FRANCESCA PIPI
production ATELIER NOSTRA SIGNORA
with the support of HENEO et la RIVP, CAFE A, CROAIF
communication RACHEL HARDOUIN
contributed and special thanks to AMI BARAK, PHILIPPE BERSON, MICHELE CIACCIOFERA, CHRYSTEL DOZIAS
graphic design LUCA PANTORNO
photo VALENTINO BIANCHI


Une exposition et une performance d’un jour à l’intérieur de la chapelle des Récollets à Paris, c’est une expérience folle, mais ce n’est pas suffisant. Il faut dix performeurs sans tête déambulant dans la Gare de l’est en robes noires du XVIIIe siècle, une douzaine de pierres de lave directement fabriquées à deux mille kilomètres au sud de la frontière de l’Europe, pour se retrouver soudain dans la station de l’Etna, au coeur du volcan ; et puis des peintures, des sculptures et des dessins en devenir, qui constitueront, pour ainsi dire, le principe fondamental de l’éphémère de cette exposition/performance : le plaisir esthétique. Nous sommes en Europe. La fragilité poignante de tout ce qui est beau. Spectacle religieux, théâtre liturgique, pour autant que l’on veuille reconnaître que l’esthétique est un phénomène religieux (provocateur et prophétique).

En axant la production des oeuvres sur la dimension plastique et performative, je cherche à situer l’intervention entre la subversion du geste artistique et la relation entre spectateur et acteur, homme et environnement, nature et être. En partant de la réactivation de la relation historique entre l’espace privé du monastère dédié à la méditation et la chapelle en tant qu’espace public, l’expérience se concentrera sur la possibilité d’accueillir lentement une communauté de personnes au cours de la journée; une action performative qui se réfère à l’attente et à la manière d’entrer, d’apparaître, de s’arrêter, d’attendre et de dire. En nous référant au pouvoir des rituels, des mots, des sons et de la musique, nous incarnerons la Bête, symbole d’une humanité sacrifiée émergeant d’un monde intermédiaire. Dans le contexte d’un monde en déclin d’une part, et de l’appel à une nouvelle relation avec la nature (rituel) à reconstruire d’autre part, une cérémonie matérielle sur l’incarnation des formes de la beauté, de la perte à la transformation, est le sens brûlant de l’exposition.

Simone Mannino, Paris october 2022